Malto, l’Etalon Burkinabé

Posted on 03/12/2009

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L’Enfant du Ghetto
Moussa Compaorè alias Malto est né le 19 Aout 1981 à Ougadougou au Burkina Faso, le pays des hommes intègres.
Issu d’une famille pauvre, Malto va connaitre une enfance difficile. Il n‘a que 17 ans à la mort de son père, et son adolescence en est bouleversée. Luttant contre la pauvreté, il ne finira pas ses études par faute d’argent. Malto va puiser son inspiration dans le combat permanent mené par sa famille et lui-même pour survivre. Avec rage, talent et courage Malto persiste dans ses rêves. Les habitants du secteur 30 de Ouagadougou vont vite remarquer ce jeune talent qui répète pendant des heures dans l’espace du musée national.
Malto est un panafricain avisé et conscient, un musicien engagé. De sa voix imposante, il revendique une conscientisation des politiciens, un message de paix entre les peuples, il parle de sa vie, de la rue, des relations humaines. Très vite on le surnommera, l’Etalon de la musique Burkinabè, petit clin d’œil à l’équipe nationale de football du Burkina – les Etalons.


De la Danse à la Chanson
Malto a toujours aimé dansé, ses qualités de danseurs sont appréciées de tous et il n’était pas rare de le voir organiser des spectacles impromptus et danser en classe lors de l’absence de ses professeurs.
Mais peu à peu son intérêt pour la musique prend le pas sur la danse.
Influencé tout d’abord par le style des jeunes « Diaspo » (Burkinabès venus de Cote d’Ivoire), constitués en « groupes d’ambiance facile », rythme fait de percussions et de chants de réjouissance, il s’adonne à la percussion et les accompagne lors de concerts.
Fasciné par les textes de ces chants qui dénoncent avec humour les travers de la société, les tristes réalités du ghetto, en un mot son quotidien, Malto glisse petit à petit vers la chanson.

Son parcours musical
Mais contre toute attente au lieu de pratiquer le rythme qui l’a inspiré lors de ses premiers pas dans la musique, Malto s’oriente vers le rap qu’il sent plus engagé.
1997 : création de son premier groupe « Negz One » et participation à une compilation « Eternel record » qui n’a pu voir le jour faute de moyens. Mais Malto ne recule jamais et il met en place une association de jeunes rappeurs « Under Grounds ».
2004 : nouvelle compilation « Vrai de Vrai » qui voit le jour. C’est le début d’une popularité dans le milieu hip hop ouagalais. Popularité qui ne cessera de croitre au fil des ans.
2006 : sur cette lancée, Malto prend part au concours « Le poids des mots ». Une compétition organisée par AVIP RECORD au Remdogo. Il occupe le 6ème rang sur 32 participants. Dans la foulée il participe au concert de Faso Rap Awards qui se tient au SIAO.
2007 : formation du groupe « Djeliba » (griot en langue bambara), avec Gino un autre rappeur, qui ne verra pas non plus le jour. L’artiste semble gagné par la malchance mais ne baisse pas les bras. C’est un guerrier, un battant qui ne recule devant aucun obstacle. Et ses efforts vont porter leurs fruits.
Il est nominé dans la catégorie des meilleurs rappeurs Under Grounds en compagnie d’autres rappeurs bien connus. Les sollicitations fusent de toute part.
Mais le déclic viendra de sa rencontre avec Dankan Production et son premier album « Je ne comprends pas » verra enfin le jour.

L’album « JE NE COMPRENDS PAS »
Cet album dont le titre éponyme traduit l’état d’âme de l’artiste face à l’incapacité des africains à s’unir pour sortir de la misère, aborde aussi les thèmes de l’amour, de l’argent, et des difficultés rencontrées par les artistes pour vivre de leur art, sur fond de reggae, d’afro beat, d’acoustique, de hip hop, et de mélodies inspirées du patrimoine Mossi, le tout formidablement enlevé par l’imposante voix de Malto
La musique revendicatrice de Malto est transcendée par la forte personnalité de l’artiste qui au détour d’un mot, d’un rythme nous entraine dans son combat et nous invite à l’accompagner. Des paroles et des mélodies qui ne nous laissent pas indifférents et que nous fredonnons irrésistiblement pris au jeu de l’artiste.
Sur scène, Malto irradie de force et d’énergie, sa présence est unique, il se donne à fond, n’hésitant pas à s’emparer d’un djembe et au cours de rythmes effrénés et endiablés, il n’est pas rare de voir les spectateurs monter sur scène pour l’accompagner
En plus du touché de deux des meilleurs arrangeurs de la place, Nikanor M’vondo et Magloire Boly, cet album a vu la participation en featuring d’artistes de renom dont Tim Winsey.
C’est cette galette de 11 titres plus une intro au son impeccable, sortie du studio d’enregistrement de Dankan Production qui bouleverse déjà, avant sa sortie officielle la hiérarchie musicale du pays des hommes intègres. Et signe par la même occasion l’entrée en puissance et en force de Malto.

Sophie Kabore
@LaMossi

Malto was born in Burkina Faso into a poor family. His childhood was difficult fighting against poverty. Lacking the means to pay for his school, he had to give up college. But Malto had a dream and he will pursue it with rage and talent. Very early in his youth, his neighbors of the sector 30 could not fail to notice this talented young man who was rehearsing for hours in the space of the National Museum. Malto will take part to the different Sound systems organized across Burkina Faso. Malto is a wise panafrican and conscious of the issues that Africa is confronted to, and he uses his art to raise awareness among his people. With his imposing voice, he revendicates a conscientization of politicians, and brings a message of peace between the people across the world, he speaks about his life, the street, and relationships. His first album…”Je ne comprends pas” gives us a taste of his talent supported by his very own peculiar style…

Sophie Kaboré

@laMossi

http://www.myspace.com/maltoonline

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